2010 : Année de réconciliation entre musique et internet ?

Oui, les ventes de titres par la voie digitale commencent à devenir assez conséquente, mais il ne s’agit là que d’un aspect de la musique sur Internet, par ailleurs principalement dirigé en quasi monopole par Apple jusqu’à aujourd’hui… Mais 2010 pourrait bien nous offrir un changement dans le paysage musical sur internet et la vision des majors.

Je pense qu’il est venu (pas trop tôt) le temps où les acteurs de « la musique », et principalement les majors, réalisent qu’Internet est incontournable, qu’ils doivent bien faire avec et que pour ça, il faut qu’ils évoluent avec leur époque. Ca passe principalement par la distribution bien évidemment, source directe de revenus, mais ce n’est pas uniquement une histoire de revenus directement générés…

La distribution :
Depuis plus de 8 ans maintenant, iTunes domine le marché de la distribution de musique payante, en quasi monopole. Face à ça, et malgré différentes initiatives, leur principaux reste encore aujourd’hui le téléchargement illégal. Heureusement, quelques acteurs, comme Deezer, Spotify, iLike, Last.fm ont apporté un peu d’air au marché, mais c’est surtout en cette fin 2009 que les initiatives les plus marquantes commencent à apparaître.

Spotify
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Spotify, au cas ou vous ne connaîtriez pas, est une solution de streaming musical suédoise qui, à l’inverse de Deezer, fonctionne sur la base d’un logiciel installé, et non d’une application Web.
Déjà prometteur en l’état, Spotify, qui se rémunérait par des bannières et des publicités audios, a ajouté une brique à son business model : L’offre premium. Pour 9,99€/mois les membres ‘Premium’ peuvent écouter tous les titres du catalogue Spotify sans pub, mais aussi et surtout bénéficier de ce catalogue directement sur leur téléphone (iPhone, Android, iPod touch). D’après les échos dans mon entourage, ça fonctionne plutôt pas mal et cela assure une redistribution des revenus aux ayant droits.
Mais Spotify permet également en 2 clics d’acheter la version MP3 du titre.
3 sources de revenu donc entre publicité, offre premium et vente.

Deezer
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Les développements du business model du nouvel entrant Spotify ont poussé Deezer à s’engager dans la même voie, et le site français proposera donc une version mobile premium à 9,99€/mois.

Google + iLike + Lala
Google a fait pas mal d’annonces ces derniers jours, dont une concernant un service de musique en partenariat avec les services iLike et Lala.
Une requête sur un nom de groupe, un titre ou simplement des paroles et vous aurez la possibilité en un clic d’écouter différents titres en intégralité, gratuitement. Libre à vous ensuite d’acheter le MP3 sur ces sites partenaires.
google-music
Ce nouveau service, pour l’instant uniquement accessible aux Etats-Unis, pourrait avoir un impact important sur les ventes, les requêtes musicales étant fortement intégrées aux tendances de recherches sur Google (ie 3 recherches musical dans le top 10 USA au moment de la rédaction de cet article)

Au delà de la distribution
Si la distribution est un point essentiel en terme de musique sur internet, le rôle de la toile va au delà, surtout ces derniers temps.

Concerts live en ligne
Inimaginables il y a quelques années, voire même quelques mois, tant pour des raisons technologiques que budgétaires, les concerts live en ligne commencent à voir le jour.
Le plus remarquable et le plus observé est certainement le concert de U2 dimanche dernier. En effet, le concert du groupe irlandais, à Pasadena, a été diffusé en direct sur YouTube. Ce sont environ 10 000 000 de spectateurs que YouTube a enregistrés (flux provenant d’Akamai, l’un des rares acteurs du marché à pouvoir supporter une telle charge en vidéo).
u2-youtube

Ce soir, dans un cadre plus intimiste que le stade de Pasadena, les Foo Fighters se produiront à leur tour devant leurs fans du monde entier. C’est cette fois-ci non pas YouTube qui accueillera le spectacle, mais Facebook, qui profitera de l’update des statuts pour permettre à ses membres d’échanger en direct.
foofighters_facebook

Ces deux initiatives sont très symboliques, indiquant clairement que les groupes, mais certainement les majors également, intègrent dans leurs réflexion qu’une opération à titre gratuit de ce type entraînera des conséquences positives sur le long terme, et non se limitant à la réaction « Ca fait 10 000 000 de spectateurs en moins pour des concerts ».

Production

sellabandmymajorcompany
Cette tendance n’est pas réellement nouvelle, mais les services de production d’artistes en ligne, exploitant le pouvoir que leur offre Internet, ne peuvent qu’aller en se développant. De Sellaband, pionnier dans ce domaine à MyMajorCompany, le principal acteur français, ces services font appels aux internautes pour investir dans des groupes, les produire, et ainsi tirer des bénéfices de leurs artistes préférés, qu’ils soutiennent financièrement.

En conclusion, après une relation initialement conflictuelle entre le web et l’industrie de la musique (Napster) puis une évolution autour d’initiative personnelles des groupes (MySpace) et de la distribution digitale quasi monopolistique (iTunes), le paysage musical sur internet en 2010 s’annonce plus équilibré, avec une utilisation réelle du potentiel très riche de ce média.

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3 réflexions au sujet de « 2010 : Année de réconciliation entre musique et internet ? »

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  2. « Oui, les ventes de titres par la voie digitale commencent à devenir assez conséquente »

    c’est une blague?

    Ils représentent moins de 10% des revenus des ventes physiques [27 millions d’euros contre 291,7] qui eux-mêmes sont en chute libre!
    personne n’achète de la musique numérique et ce n’est pas cela qui va sauver l’industrie du disque et redonner une viabilité à ce secteur!

    Mes sources
    http://www.lexpansion.com/economie/actualite-high-tech/le-marche-de-la-musique-numerique-stagne-en-france_206392.html

    Voilà

    Quand vous réaliserez qu’un paquet de clope ou un madco ou une bière a le même prix qu’un album [ entre 5€ et 9 € à présent hé oui pour les nouveautés]… vous arrêterez de manger, boire ou fumer?
    Et le cinéma? 9€ la place?
    Vous râlez?

    Soyons sérieux.

    • J’avoue que l’objectif de l’article n’était en rien de me prononcer sur le caractère salvateur de la vente numérique de la musique, mais plus de voir en quoi l’intégralité du web peut permettre au secteur de s’épanouir.
      Or l’article de l’expansion n’aborde que la vente, là où j’insiste justement sur des stratégies plus larges, telles que le streaming avec un deezer ou un spotify, mais aussi la diffusion de concerts en ligne, etc.
      Le streaming pourrait plus être comparé à la radio, et la diffusion de concert, quant à elle, vise plus à la promotion des artistes…

      Quant au paquet de clope, au macdo ou la bière… personne ne force quiconque à consommer de tout ça, et personne non plus n’a dit que ce n’était pas beaucoup trop cher :).

      Et oui, le cinéma à 9€ la place est déjà bien trop cher, autant aller au théatre pour quelques euros de plus et voir un véritable spectacle en direct :).

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