Facebook vs Google vs Microsoft : FB nouveau maître du web ?

Facebook a annoncé hier une mise à jour majeure pour les développeurs, poussant encore plus son pouvoir sur le web. A l’heure où les forces en présence se livrent une bataille pouvant déterminer UN acteur contrôlant le web (et au delà…), il est intéressant de revoir les modèles de chacun des protagonistes.


Microsoft :
Situation pas forcément évidente pour Microsoft. Enfin… pas évidente parce que justement son monopole semblait initialement inévitable.
Tout commence avec Windows, encore aujourd’hui présent sur plus environ 90% des ordinateurs. S’en suit alors Internet Explorer, qui réussit à terrasser Netscape. Et… MSN Messenger, toujours un acteur majeur de la conversation en ligne.
En bref, une stratégie principalement orientée logiciel, à l’exception d’hotmail, plus grand succès web de Microsoft encore aujourd’hui.
Microsoft s’est bien essayé à une infiltration plus globale du web, avec son « Passeport », supposé faciliter la gestion de ses connexions sur le web avec un compte unique, mais la sauce n’a pas pris.
Aujourd’hui, Microsoft semble enfin mettre les bouchées doubles pour faire le lien entre son univers du logiciel et les services web… mais un peu tard ?

En résumé, le modèle Microsoft s’est plus basé sur une exploitation de ses quasi monopoles dans différents domaines que dans de l’innovation poussant ses services au-delà de son périmètre initial…


Google :
Ah Google, maître du web. Le principe initial est assez simple, c’est la porte d’entrée sur l’internet mondial. Demandez à quelqu’un comment il va sur Facebook ou MSN, il y a de forte chance pour qu’il tape « msn » ou « facebook » dans son moteur de recherche préféré.
De là est née une monétisation des recherches, suffisamment rentable à elle seule pour que… Google voit plus loin, beaucoup plus loin.
Google fonctionne « par extension », allant chaque jour un peu plus loin, mais avec une logique assez constante sur l’ensemble des services : connaître toujours plus l’internaute et intégrer sur les pages qu’il visite des publicités contextualisées, que les annonceurs sont donc prêts à acheter, car ciblées.
Ces évolutions ont toujours été liées aux modifications des usages du web, bien souvent précurseur dans les différents domaines… ou alors rachetant vite des sociétés prometteuses.
Il y a donc eu les publicités sur Google (Adwords), sur des sites totalement indépendants de Google (Adsense), un Webmail (avec publicités), un service de cartes avec publicités géolocalisées, des publicités sur mobile… et quelques tentatives pour sortir du web (pub journaux petites annonces, radio, tv…).

En résumé, un modèle basé sur l’innovation permanente, la diversification des activités, qui permet à Google de couvrir la quasitotalité du périmètre d’action des internautes… et d’offrir aux annonceurs une offre toute aussi complète que les services proposés aux internautes.


Facebook
Ah Facebook, le petit dernier. Là où Microsoft avait dès la démocratisation du web l’avantage d’être présent sur la quasi totalité des ordinateurs et là où Google est rapidement devenu un incontournable dans la navigation des internautes à travers le monde, Facebook est parti de… très peu.
L’origine de Facebook, ce sont les étudiants. Et c’est là que c’est intéressant, car on se retrouve vite face à un « Classmates.com » (et en France copains d’avant), qui étaient leaders sur leurs marchés respectifs… mais se sont contentés de la fonctionnalité basique : retrouvez vos anciens camarades.
Facebook a opté pour une stratégie beaucoup plus globale, venant comme une pièce communautaire « logique » dans l’expérience des internautes.
C’est d’abord passé par le site en lui-même, avec des fonctionnalités de partage de photos/texte/vidéos, une ouverture aux développeurs pour créer des applications au sein du site, puis… le modèle pouvant faire de Facebook un incontournable est arrivé.
Fort de plus de 300 millions de membres, la puissance de frappe de Facebook était massive. Les fonctionnalités facebook exportées sur les sites avaient donc toute leur légitimité. Partage de contenus dans un premier temps, puis exploitation directe depuis un site des informations renseignées sur facebook (utilisation du compte FB pour se connecter sur des sites, invitation d’amis, utilisation des médias uploadés sur FB…), la présence de FB à travers le web est devenue assez massive l’année passée.
Une stratégie donc basée sur la masse de ses inscrits… mais aussi et surtout sur leurs communautés respectives.

Ce qui nous amène à F8, la troisième conférence annuelle de Facebook (à destination des développeurs), qui se tient actuellement.
Alors qu’on avait jusqu’à présent la possibilité, depuis un site, de partager une page sur Facebook ou encore de se logger (mais en confirmant l’autorisation au site d’échanger avec son compte Facebook), il est maintenant possible d’interagir directement sur le site, en un clic, et sans aucune confirmation. J’ai ajouté cette fonctionnalité sur ce blog, et je dois avouer que du point de vue « webmaster », c’est d’une simplicité enfantine : je copie-colle un code fourni par Facebook, et voilà, vous pouvez aimer/recommander un article en un clic.

Parmi les nouveautés également, des statistiques de son site… liées aux interactions facebook de ses visiteurs.
Pour les sites utilisant la fonction, c’est un outil incroyablement riche. En effet, à terme, on peut imaginer une analyse détaillée des visiteurs actifs de son site, permettant de définir que le produit « A » est plutôt apprécié des femmes célibataires aimant le rock et ayant entre 25 et 35 ans, alors que le produit « B » obtient les faveurs des hommes de 35 à 45 ans, mariés avec enfants. Bref, des statistiques qui manquent aujourd’hui dans le paysage du web, et que seul un acteur comme Facebook est en mesure d’apporter.

En résumé, un modèle basé sur toute la sphère sociale, la valeur des avis de ses amis. Si mes amis aiment, c’est que c’est fait pour moi. Et côté annonceur, un potentiel élevé de valeur des informations glanées sur mes visiteurs/utilisateurs.

Mais où est-ce que je veux en venir ?

Un résumé du succès de chacun des acteurs présentés ici pourrait être résumé ainsi :
– Microsoft par défaut initialement, dans un univers concurrentiel où le quasi monopole lui a permis de toucher la masse
– Google pour combler un manque de « guide » sur le web. Une approche très pragmatique, tournée vers l’information
– Facebook répondant à une croissance des relations « ouvertes » entre les internautes (on ne s’échange plus forcément les mêmes mails, mais on partage l’information sur facebook)

Cette dimension sociale est aujourd’hui au coeur des usages. Si nous ajoutons à cela la valeur que peuvent avoir les informations des utilisateurs de Facebook pour les marques, il est tentant de s’imaginer que Facebook a maintenant toutes les billes pour remplacer Google comme « maître du web ».

Pourtant, je reste persuadé que l’approche de Google reste la plus prometteuse. Une diversification des activités pour une présence dans la vie de tous, à tout moment… sans pour autant nécessiter de s’inscrire.
Facebook, de son côté, fait la part belle à la valeur accordée à l’avis de ses « amis ». Mais n’y a-t-il pas déjà une pollution au sein même de ses amis ? Suis-je vraiment intéressé par ce que 10 de mes amis pensent et me recommandent ? Parfois peut-être, mais sans doute pas tout le temps, où je cherche de l’information brute, des avis objectifs, dans un cadre sortant complètement de mon entourage.

La lutte entre Google et Facebook risque en tout cas de fortement s’amplifier dans les mois et années à venir…

Pour aller plus loin :
Le nouveau Facebook est-il diabolique ? – Read Write Web
Bienvenue sur le web « Pop-Corn » – ikon
Facebook for Web Sites – Facebook
Levi’s Friend’s Store – Levi.com
Docs.com = Microsoft Office pour Facebook – Descary.com
Facebook:What They Announced At F8 – the NEXT WEB
Google ? Facebook veut ta peau ! – all about web

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4 réflexions au sujet de « Facebook vs Google vs Microsoft : FB nouveau maître du web ? »

  1. Très intéressant…

    Selon moi, Microsoft vit sur ses acquis pour le moment, en prenant un retard qu’ils ne sont pas près de combler.
    Facebook pourrait effectivement en théorie devenir leader du web, mais à mon avis il manque un autre paramètre : la lassitude des utilisateurs. Comme tu l’as dit, google propose cette objectivité et cette (très) apparente neutralité qui font qu’à termes les gens délaisseront FB car trop intrusif / irrespectueux de la vie privée.

    Très bon article en tout cas 🙂

  2. Je pense que dans le « choc des titans » du web qui s’annonce dans les mois et années à venir, il y a aussi Twitter qui tient sa place de perturbateur sur ce grand échiquier.

    Facebook et Twitter ont déployé presque simultanément (à une semaine de décalage, en fait) leur outil d’interaction « externalisé » qui permet aux utilisateurs d’interagir avec l’application à distance, depuis n’importe quel site. L’intégration de « Twitter @anywhere » permet notamment de follow, de tweeter, de retweeter, sans même quitter le site sur lequel on se trouve.

    Si Facebook est bel et bien le maître des réseaux sociaux, Google est le maître de…beaucoup de choses. La liste des services web qu’ils contrôlent donne un peu le vertige. Je ne me fais pas trop de soucis pour eux et leur emprise sur le web.

    Quand à la ruée vers le « tout en temps réel », Google a tenté sa chance avec Buzz qui est un échec, c’est désormais entre Facebook et Twitter que tout se jouera.

    PS : Merci pour la citation de mon article 😉

    • Des perspectives intéressantes en effet…
      Comme toujours, les internautes seront seuls maîtres… et c’est bien là que la stratégie de Google est intéressante, les oeufs ne sont pas tous dans le même panier :).
      PS : Avec plaisir !

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