Google et la guerre des terminaux


Après une absence « assez » importante depuis mon dernier vrai billet, voici une petite analyse du potentiel de Google pour maîtriser nos terminaux.

Les terminaux ? Quels terminaux ?
Là où le web était hier encore caractérisé par des sites, les supports utilisés pour accéder aux données disponibles prennent progressivement une importance majeure.
Ainsi, la guerre ne se joue plus à qui va réussir à drainer le plus de trafic vers son site (ie Google vs Yahoo), mais comment les internautes vont accéder aux contenus (Ordinateur fixe, ordinateur portable, netbook, tablette, smartphone, tv…).
Tous ces différents terminaux sont donc des points d’accès au web, et l’acteur qui réussir à contrôler au mieux un accès au web depuis l’ensemble de ces écrans s’assurera une grande puissance. En réalité… c’est comme quand il n’y avait -que- les ordinateurs fixes et que Microsoft équipait donc plus de 90% des terminaux connectés…

Les forces en présence
Les acteurs historiques de chacun des terminaux ont pour l’instant l’avantage dans leur secteur, mais aucun n’arrive encore réellement à être présent de manière globale… C’est là qu’un acteur comme Google peut entrer en jeu pour changer la donne.

Les forces de Google

Android :
Le système d’exploitation mobile de Google prend jour après jour plus d’importance dans le paysage high-tech.
Au delà des 50+ nouveaux téléphones équipés d’Android lancés en 2010, de nombreux terminaux sont en train de passer le cap :
– ebooks
– Tablettes
– Smartbooks
– …

Google Accounts
C’est lié à Android, mais ça va en réalité plus loin.
Face à ses concurrents, Google part avec un certain avantage : une base massive d’utilisateurs… sur un nombre très varié de services.
Ce que ça veut dire, c’est qu’au sein d’un seul compte (généralement initié par un compte Gmail…), Google s’adresse aux utilisateurs dans leurs consommations principales du web :
– Recherche (Google Search)
– Navigation web (Google Chrome)
– E-mail (Gmail) et par extension contacts
– Calendrier (Google Calendar)
– Géolocalisation / Recherche locales (Google Maps)
– Vidéo (YouTube)
– Documents (Google Docs)
– Actualités (Google News / Google Reader)
– Photo (Picasa)
– …
Séparément, ces outils sont déjà très puissants, mais c’est leur regroupement qui permet d’apporter toute la force de Google à travers les terminaux, enfin… seulement si j’y ai accès simplement.

In the Cloud / Over The Air / Synchronisation
Jusqu’à ces derniers mois, les mises à jour des différents terminaux se faisaient via un câble, reliant à un ordinateur… C’était déjà bien, et les utilisateurs étaient déjà ravis de pouvoir retrouver leurs informations du PC sur leur smartphone.
Mais voilà, il y a (1) une variété d’informations croissante et (2) un nombre croissants de terminaux, (tablons sur un minimum de 3 à moyen terme. ex : Ordinateur fixe, smartphone, tablette | Ordinateur fixe, netbook, TV…).
Apple s’y est bien essayé avec « Mobile Me », mais… (1) l’offre est payante (malgré des rumeurs/espoirs des Mac addicts de voir arriver le modèle gratuit) et (2) Apple fait surtout dans la musique/le navigateur/les mails, mais pas tous les services que peut offrir Google. [Intéressant, alors que j’allais publier cet article, je lis sur TechCrunch qu’Apple serait bien sur le point de lancer une offre « In the Cloud » pour fluidifier l’expérience des utilisateurs…]
Android permet d’ores et déjà, à partir de son seul compte Google, d’avoir accès à ses contacts/ses mails/ses documents/etc sur ses différents terminaux, mais cela va aller encore plus loin dans les mois à venir.
En effet, avec le lancement et le déploiement d’Android 2.2 (aka Froyo), Google apporte l’Over The Air (OTA) aux applications, à la musique, à Google maps… bref, un univers des possibles qui s’élargit.
Ainsi, depuis un ordinateur fixe, vous pourrez décider d’installer une application, en choisissant le/les terminal/aux concerné/s par l’action, idem pour un morceau de musique rendu disponible sur tous les terminaux. Et pour Google Maps, vous cherchez un itinéraire, et plutôt que de le retaper sur votre smartphone (ou qui sait… un gps dans la voiture), vous l’envoyez et… Google Maps s’ouvre instantanément avec ledit itinéraire affiché.
En terme de synchronisation, Google Chrome est également intéressante. En l’utilisant au travail et à la maison, je retrouve exactement la même expérience, synchronisée automatiquement. Je retrouve donc mes favoris, mon thème graphique, mais aussi… mes extensions, et ça, c’est plutôt appréciable.
Ci-dessous la présentation officielle d’Android 2.2 :

L’arrivée de la TV
Ah le web sur la TV… un amour vache. Des tentatives assez infructueuses, ou timides, et bien souvent l’inverse se produisant : amener la TV sur l’ordinateur.
Google arrive donc sur un terrain miné, à fort potentiel mais encore assez confus. Les téléspectateurs souhaitent-ils réellement se connecter à l’internet sur leur TV ? Pour faire quoi ? Et surtout… comment ?
Ci-dessous le point de vue de Google, lancement prévu fin d’année.

En résumé
Après une centralisation des usages en un terminal (smartphone par exemple), il est temps de fluidifier les liens entre les différents écrans.
Et pour ça, Google est plutôt bien placé ! Entre ses services web couvrant le gros de la consommation web, sa présence sur les différents terminaux (Chrome (et Chrome OS à venir) sur les ordinateurs, Android sur les terminaux mobiles, Android « + » pour la TV), et l’adoption croissante de ses technologies/logiciels par les acteurs du marché, Google a toutes les cartes en main pour s’imposer dans cette guerre pour le contrôle des terminaux.

Ailleurs, pour compléter cette lecture :
Apple’s War With Google Takes To The Skies With iTunes In The Cloud – TechCrunch
Chronique du WE #8 : Ecran Total – Journal du Geek
Convergence numérique : l’ère de la grande pagaille – Ecrans

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4 réflexions au sujet de « Google et la guerre des terminaux »

  1. Article intéressant, merci Clem.
    Sinon, tu ne parles pas du tout de Microsoft. J’imagine qu’ils ont des choses sous le coude avec windows 7 (ou 8) et leur nouvel IE. Pas de cloudification prévue chez eux ?

  2. Merci pour ton commentaire benjamin 🙂 .
    En fait, la manière dont les choses évoluent ces derniers mois ne me laisse pas penser que Microsoft représentera un danger dans cette course…
    Entre Windows mobile qui devient Windows phone (alors que l’appellation mobile aurait été pertinente pour une déclinaison sur tablettes par exemple), Microsoft courier qui tombe a l eau alors que c’était, je pense, une initiative très interessante sur le marché…. mais oui, qui sait, peut-être que Microsoft se réveillera en 2011 et qu’il ne sera pas trop tard… mais j’ai quand meme l’impression que le gros de la bataille ce jouera dans les mois qui viennent.

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