Le problème des applications natives pour smartphones

Je parlais la semaine dernière de convergence numérique et de l’importance dans les années à venir de réussir à fluidifier l’expérience sur les différents écrans.

Cet article se concentrait sur le ‘contenant’ et les acteurs permettant d’accéder aux contenus. Mais qu’en est-il des contenus eux-mêmes ?

Sur l’internet « classique », le problème a toujours été la compatibilité entre navigateurs. Initialement, pas de problème : Des mises en pages inexistantes (ou presque), des navigateurs en situation de monopole…
Bref, la complexité est surtout arrivée quand Firefox est arrivé et a forcé la prise en compte des différences entre navigateurs…
Ah, et il y a aussi la résolution, mais là encore, la solution a été trouvée assez facilement et est encore valide aujourd’hui : Un internaute en résolution 1024*768 doit pouvoir vivre une expérience normale sur le site. Pour les résolutions supérieures, tant mieux si le site s’adapte… mais pas touche à mon 1024.

L’arrivée du web sur mobile a complexifié la donne…
– Le WAP, c’était simple : une version très très très basique, et hop, ça s’affiche partout pareil.
– L’arrivée de l’iPhone : « Le web mobile, c’est l’iPhone », allez, on fait une version iPhone.
– La concurrence croissante d’Android (et autres…) : Ah… X supports… comment faire.

En fait, aujourd’hui, Blackberry est le leader sur le marché des smartphones, devant l’iPhone et Windows Mobile, mais il n’en est pas de même pour l’utilisation du web + applis, où iOS (iPhone), Android (Google) et Symbian (Nokia) se partagent le gros du gâteau (40%, 26%, 24%).

Part de marché des smartphones (source Nielsen : Q1 2010)

Part de marché des smartphones (source Admob : Mai 2010)

Quel est donc le problème ?
Alors que sur l’internet « fixe », tout est fait pour standardiser les sites web, les présences sur les différents terminaux mobiles sont bien souvent différentes.
On trouvera donc une version iPhone, souvent incontournable aujourd’hui, et des versions appauvries pour les autres terminaux, des sites web mobiles moins pris en compte que l’application iPhone.

C’est bien pour aujourd’hui encore, mais avec des estimations d’analystes pour une montée en puissance d’Android d’ici à 2012, jusqu’à devancer iPhone (et iOS), on imagine facilement le besoin de développer des « applications natives » propres à chaque système d’exploitation mobile !

Je crois donc beaucoup plus aux sites web mobiles, qui peuvent plus facilement être optimisés pour l’ensemble des systèmes.
Les évolutions des navigateurs mobiles sont telles que la plupart des fonctionnalités disponibles dans le web traditionnel sont aujourd’hui accessibles depuis le mobile.

Javascript, HTML5, CSS3, Flash (eh oui, pourquoi pas ? :)), voilà qui suffit pour développer des sites web mobiles, optimisés pour chaque terminal.

Bien évidemment, pour certains usages, les applications resteront à privilégier… mais je crois que les applications sont un réflexe qu’il va falloir perdre, au profit des sites web mobiles.

Pour aller plus loin :
Native Apps vs mobile Web
Mobile App or Browser-Based Site? Report Says The Browser Will Win on Mobile
Native Mobile App or Mobile Web App?
Mobile Web vs. Native Apps. Revisited

Ce contenu a été publié dans Non classé par Clément. Mettez-le en favori avec son permalien.

4 réflexions au sujet de « Le problème des applications natives pour smartphones »

  1. Autant il y a quelques mois j’aurai défendu le camp des apps natives, autant aujourd’hui quand je vois ce qu’on arrive à faire en webapp, c’est très discutable. Du coup si on veut limiter son budget mobile, la webapp reste la meilleure solution.
    Je sais pas si t’avais vu ce que NewQuest a fait pour Timefy en webapp : http://www.youtube.com/watch?v=E3PfMJevQT0
    très convaincant !

Les commentaires sont fermés.